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Les régions sinistrées et la reconstruction.
mercredi 16 janvier 2008
par Gilbert Giraud
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Les régions sinistrées après la guerre de 14-18.

La ville de Vaulx-en-Velin a été sensibilisée tout de suite à la détresse de tous ces villages détruits et s’est donc engagée à venir en aide au petit village de Terron sur Aisne.
La reconstruction de toutes ces régions dévastées a nécessité pour les autorités gouvernementales un effort immense. L’article ci-dessous vous donnera quelques informations sur cette période.

La France, à genoux après quatre années de conflit sur son sol, va devoir faire bien des efforts pour trouver le financement et les travailleurs nécessaires. Combien de villageois savent aujourd’hui ce qu’ils doivent à cette reconstruction, ce qu’elle leur a apporté ? Combien ne soupçonnent pas les joies et les drames qui se jouèrent à côté de chez eux, lorsqu’il fallait se battre contre l’adversité et contre l’Etat pour avoir simplement le droit de suivre les traces d’un père ou d’un grand-père ?

 

La Reconstruction
Cambrai après plusieurs mois de nettoyage, en 1919.
Cambrai après plusieurs mois de nettoyage, en 1919.
Arras, bien que proche du front a été relativement épargnée par rapport à d'autres villes comme Bailleul ou La Bassée qui ont été quasiment rasées. Verdun a marqué les esprits, mais de nombreuses villes du Nord et de la Somme ont dû être reconstruites, entièrement parfois
Arras, bien que proche du front a été relativement épargnée par rapport à d’autres villes comme Bailleul ou La Bassée qui ont été quasiment rasées. Verdun a marqué les esprits, mais de nombreuses villes du Nord et de la Somme ont dû être reconstruites, entièrement parfois

.Dans la zone rouge, la reconstruction doit faire face aux bouleversements du sol, à la présence de cavités (tunnels, sapes…), de projectiles non éclatés (dont obus chimiques), au manque d’argent, de moyens et de main-d’œuvre valide ou disponible. Le premier travail consiste à dégager les routes et à combler les marmites et trous d’obus.   Les cadavres sont présents jusqu’à plusieurs mètres de profondeur dans les sols. Le désobusage (retrait des obus)   

    et une remise en état y auraient nécessité bien plus d’argent que la valeur foncière des sols, dont certains seront longtemps inaptes à l’agriculture. C’est ce qui a justifié leur achat par l’État.

Un tourisme de guerre s’est spontanément constitué dès la fin 1918, les familles voulant voir le lieu des combats et souvent de la mort des leurs. Les poilus organisés en associations d’Anciens Combattants et de nombreuses familles ont par ailleurs souhaité que soit conservé le témoignage physique de certains lieux devenus « sacrés », dont le sol contenait un grand nombre de corps non récupérables du fait de leur profondeur ou parce que déchiquetés par les explosions.

L’État, les collectivités et les Eaux et Forêts ont donc procédé à des aménagements différenciés de la zone rouge, sous l’autorité de l’industriel roubaisien Louis Loucheur (polytechnicien, ex-ingénieur de la construction des Chemins de fer du Nord, spécialiste du ciment armé et impliqué dans le secteur de l’armement). Ancien sous-secrétaire d’État à l’Artillerie et aux Munitions (nommé par Briand, en décembre 1916, à 56 ans, aux côtés d’Albert Thomas ministre de l’Armement et des Fabrications de guerre), il est nommé en septembre 1917 ministre de l’Armement (en remplacement d’Albert Thomas) dans le gouvernement de Painlevé (12 septembre - 16 novembre 1917), puis dans celui de Clémenceau       (16 novembre 1917 - 26 novembre 1918).

Quinze jours après l’armistice, le 26 novembre 1918, il devient ministre de la Reconstitution industrielle, jusqu’au 20 janvier 1920. C’est à cette époque, début 1919, que les rapports archivés des sous-préfets et préfets du Nord et du Pas-de-Calais au ministère de l’Intérieur cessent brutalement d’évoquer le problème des énormes quantités de munitions non explosées laissées par la guerre, dont le traitement sera confié aux forces anglaises encore présentes dans le Nord de la France. Dans les rapports des mois précédents, ce problème était présenté comme le premier problème avec le manque de charbon, de papier et carton bitumés.

Loucheur conseille Clémenceau à la conférence de la Paix de janvier 1919, pour la négociation du traité de Versailles et négocie directement avec Lloyd George, avant d’être nommé ministre aux Régions libérées dans le sixième gouvernement Briand (16 janvier 1921 au 15 janvier 1922) où il aura encore à suivre le problème des séquelles de guerre, notamment l’été et l’automne 1921, lors de la négociation à Wiesbaden avec Rathenau de la question des réparations allemandes. Élu député de la circonscription d’Avesnes-sur-Helpe (Nord) en novembre 1919, réélu en 1924 et en 1928 il soutient la reconstruction des chemins de fer, des télécommunications et des bâtiments à loyer modéré qui sont ses anciens secteurs d’activité, ce qui lui vaudra d’être qualifié de « profiteur de guerre » par ses détracteurs.

Il sera brièvement ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes au printemps 1924, où il participera à la redéfinition des rapports de l’État et de la Compagnie française des pétroles : la période de la reconstruction, comme celle de la guerre, a montré que les carburants fossiles sont devenus tout à fait stratégiques pour les états, et le pétrole remplacera peu à peu le charbon comme matière première de la carbochimie et de la chimie organique en général.

Une autre personnalité était Albert Lebrun autre polytechnicien, originaire de Meurthe-et-Moselle et futur président de la République. Brièvement ministre de la Guerre en janvier 1913, puis commandant d’artillerie à Verdun en août 1914, ministre du Blocus et des régions libérées en 1918 et 1919 sous Clémenceau, et sénateur, représentant de la France à la Société des Nations de 1920 à 1932, président du conseil d’administration de l’Office national des mutilés et réformés de guerre, il contribuera à la reconstruction, partisan résolu du remboursement de sa dette par l’Allemagne.

 

 

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