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C.N.T : confédération nationale du travail.
dimanche 28 octobre 2007
par Gilbert Giraud
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C N T : confédération nationale du travail.

Logo de la CNT
Logo de la CNT

Deux organisations portent aujourd’hui le nom de Confédération nationale du travail en France

Historique : 

A l’origine, la Confédération Nationale du Travail est une confédération syndicale française créée en décembre 1946 à Paris.

  

Cette organisation a été fondée par des militants de la Confederación nacional del trabajo (CNT espagnole) en exil et des anciens membres de la CGT-SR (SR pour syndicaliste-révolutionnaire) ainsi que des jeunes ayant participé à la Résistance, qui quittèrent la CGT du fait de la main-mise communiste sur cette organisation. Elle a pris son nom en référence à la CNT espagnole.

Après une période de relatif développement après la seconde guerre mondiale], la CNT devient un mouvement plus ou moins groupusculaire à partir de l’essor de FO, scission de la CGT, et le reste jusque dans les années 1990, où elle connait un certain renouveau militant.

Pendant cette période où le nombre d’adhérents ne dépasse pas la centaine de personnes, deux scissions eurent lieu au sein de la Confédération :

  • la première scission qui a eu lieu en 1977 pour des motifs liés à l’évolution de la situation politique en Espagne (mort de Franco, transition démocratique, ...), était dite 2e UR ou de la tour d’Auvergne (du nom de la rue où se situe leur librairie), et concernait essentiellement l’Union Régionale parisienne. Il faut noter que cette première scission est obsolète puisque la CNT 2e UR et la CNT AIT se sont réunifiés le 30 mars 2006, par le biais d’une décision prise en assemblée générale.
  • la deuxième scission intervient en 1993 et est fondée sur des différences de positions au sein de la CNT : l’une est attachée au principe de non-participation aux élections professionnelles et affirme son anti-politisme, c’est-à-dire le refus de collaborer ou même cosigner des tracts avec des organisations politiques, considérées comme ennemies des travailleurs-euses au même titre que les autres défenseurs du capitalisme que sont l’État ou les Églises, refus du spectacle médiatique... ), l’autre partie ne conçoit pas cette position de non-participation aux élections professionnelles comme absolue, notamment dans les entreprises où la lutte est difficile et qu’elle considère impossible sans acquérir un statut légal qui protège la section syndicale. Elle s’autorise en outre à affronter les arguments des organisations politiques sur le terrain de la lutte sociale en participant aux intersyndicales.

Cette attitude va entrainer l’exclusion de cette seconde tendance de l’Association internationale des travailleurs (AIT) au congrès de Madrid en 1996. En effet, pour les organisations de l’AIT, cette position est un manquement aux principes anarchosyndicalistes qui régissent l’association. Cependant, ce vote restera pour les exclus de l’AIT non démocratique (peu de sections au vote et différence de voix trop faible).

Au final, la partie de la CNT qui reste au sein de l’AIT garde le sigle de "CNT-AIT", tandis que celle qui en est exclue, après avoir durant quelque-temps maintenu le sigle CNT/AIT se contente de "CNT". Pour mieux distinguer ces deux CNT, l’une est parfois surnommée "l’AIT" et l’autre "les Vignoles" (du nom de la rue qui héberge son siège parisien) ou "CNT-F" (du nom de son domaine internet). Cette dernière entretient des relations avec d’autres syndicats exclus de l’AIT (comme la CGT espagnole scission d’avec la CNT-E) ou ayant quitté l’AIT (comme la SAC suédoise), et même avec la FAU (site web de FAU), section de l’AIT en Allemagne, même si cette dernière à son congrès de 2007 a été partagée sur cette question. Elle entretient également de bons contacts avec des syndicats du tiers monde (tels que le GEFONT au Népal ou la CGT-B au Burkina, etc... syndicats qui se situent dans la mouvance marxiste-léniniste).

Un temps problématiques, les relations entre la CNT et la CNT-AIT se sont normalisées, chaque organisation ayant choisi de développer sa propre voie selon ses propres conceptions. La CNT essaye de de développer des syndicats de branche d’industrie et des sections syndicales d’entreprises - qu’elle considère plus proches des réalités des travailleurs dans les entreprises - tout en maintenant l’action interprofessionnelle au sein des unions géographiques (locales, départementales régionales) pour ce qui concerne par exemple les solidarités sociales et aussi les thèmes transversaux telles que l’anti-sexisme, l’environnement. Ce mode d’organisation n’empêche pas pour ces militants l’action et la solidarité interprofessionnelle : ils n’y voient pas de contradiction mais une complémentarité.

La CNT-AIT estime que cette approche (par branche d’industrie voire syndicats de métiers ...) n’est pas fidèle à l’unité des travailleurs et tend à un certain corporatisme. Par ailleurs, la stratégie choisie par la CNT pour leur tentative d’implantation dans les entreprises (par le biais des élections de représentants du personnel tels que les délégués du personnel ou les comités d’entreprises) est pour les militants anarchistes de la CNT-AIT en contradiction avec leur refus de la délégation de pouvoir. La CNT-AIT privilégie en pratique la structuration de ses syndicats sur le mode intercorporatif, ce qui correspond à sa réalité locale (nombre de militants réduits et dans des secteurs très différents) et à son anticorporatisme. Ce qui ne l’empêche pas d’intervenir aussi dans les entreprises, où elle promeut l’organisation autonome des travaillleurs sous forme de conseils ou de comités de base (Mairie de Blagnac, Louisiane Plasturgie, Newells Métallurgie, Maisons de Retraite la Providence, etc ...).

En conclusion, on peut dire qu’après presque 15 ans de scission, les deux organisations ont fortement divergées dans leur positions politiques tant que pratiques : la CNT retrouvant le chemin du syndicalisme révolutionnaire de la CGT d’avant la première guerre mondiale, la CNT-AIT quant à elle cherchant à réinterpréter l’anarcho-syndicalisme, à la lumières d’autres expériences du mouvement révolutionnaire (situationnisme, communisme de conseil), pour donner vie au concept d’autonomie populaire.

La CNT :

 

La CNT intègre dans ses statuts la Charte d’Amiens (1906, CGT), la Charte de Lyon (1926, CGT-SR) et la charte de Paris (1946, CNT). Elle se revendique de la CGT des origines, de la CGT-SR et de l’expérience anarcho-syndicaliste de la révolution espagnole. La CNT se veut ouverte à tous les travailleurs sur un mode d’organisation qui correspond au fédéralisme libertaire (autogestion, démocratie directe, autonomie et souveraineté des syndicats,...). Son mode de fonctionnement la rapproche des libertaires et par certains aspects de son projet du communisme libertaire. Sa position est de refuser toute étiquette idéologique spécifique, sinon celle de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire [[3]]. Pour une présentation plus approfondie de la CNT, cliquer ici [[4]] et ici [[5]].

Concernant le nombre d’adhérents, la CNT a connu depuis la scission de 1993 un certain développement (passant de quelques centaines de membres à 1200 adhérents, chiffres officiels du Congrès d’Agen 2006). Toutefois, il convient de rappeler qu’au regard du nombre d’affiliés dans les organisations syndicales institutionnelles (CGT, CFDT,FO) ou même en passe de l’être (SUD), l’essor numérique de la CNT reste tout de même très modeste.

Le projet avorté du gouvernement d’Édouard Balladur d’instaurer un contrat d’insertion professionnelle (CIP), en 1994, la lutte antifasciste initiée par les SCALP (Sections carrément anti-Le Pen, dont historiquement la première a été fondée à Toulouse en 1984 dans les locaux de la CNT-AIT) dans les universités ou le combat en faveur des sans-papiers, auquel s’est jointe la CNT, sont à l’origine de l’adhésion de nombreux jeunes dans les deux CNT, même si la CNT dite des "Vignoles" a plus largement bénéficié de ce phénomène. De même, la CNT connaît un accroissement du nombre de ses militants lors du mouvement social de décembre 1995 contre le plan Juppé.

La CNT est capable de fédérer dans les manifestations les différentes composantes du mouvement libertaire, lors des grands défilés, notamment celui du 1er mai auquel elle participe depuis 1995, reconnaissable à son emblème, un chat noir hérissé sur fond rouge.

L’accroissement du nombre d’adhérents de la CNT influe aussi sur sa composition : nombre de jeunes, attirés par les idées communistes-libertaires associées au syndicat, multiplient ainsi les sections cénétistes dans les lycées et les universités, un peu partout en France, et accroissent l’audience du syndicat. Mais aussi des syndicalistes déçus par les pratiques des syndicats institutionnels ou le suivisme du syndicalisme contestataire viennent à rejoindre la CNT ainsi que des jeunes salariés qui débutent un engagement syndical sur leur lieu de travail parfois porteurs de questionnement sur la notion de collectif et de pratiques syndicales autogestionnaires.

  

Par sa structure de « syndicat révolutionnaire », la CNT se préoccupe aussi bien des problèmes liés au travail et au salariat, que des questions politiques ; et elle est présente concrètement dans nombre de « combats » qui ont lieu un peu partout en Europe et dans le monde (contre-sommets du G8, FSL, solidarité avec la lutte pour la libération de la Palestine...), lesquels lui donnent l’occasion de montrer son influence. Au niveau international, la CNT travaille avec d’autres sections démissionnaires ou exclues de l’AIT, comme respectivement la SAC suédoise ou la CGT espagnole.

La CNT aujourd’hui est souvent participante à de nombreux rassemblements et manifestations (contre les lois Fillon, contre le CPE...). La CNT est aussi organisatrice de concerts dans ses locaux parisiens (Notamment des groupes de punk, oi !, ska ou street punk, mais aussi musette, chanson française.) La CNT syndique des personnels de l’éducation au sein du Syndicat CNT-FTE (Fédération des travailleurs de l’éducation), des étudiants, des chercheurs et des salariés de l’Université dans la section superieur-recherche ainsi que des travailleurs de toutes les branches publiques ou privées (à l’exception des forces de l’ordre et du patronat considérés par celle-ci comme des ennemis des travailleurs).

 

Liens externes :

 

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